Alain Law Min : « La France demeure un partenaire historique pour Maurice »

Alain Law Min : « La France demeure un partenaire historique pour Maurice »

Le CEO de la MCB, Alain Law Min répond aux questions du Mouvement des Entreprises de France (MEDEF) dans leur hors-série C’est à vous de mars 2021. Il revient sur la contribution de la MCB au développement économique de Maurice, son rayonnement à l’international, et sur son engagement dans un contexte grandement marqué par la crise sanitaire et économique.

Depuis 180 ans, la MCB participe au développement socio-économique de Maurice. Quelles sont les principales évolutions rencontrées au cours des dernières décennies ?
Leader dans le secteur des services financiers à Maurice, la MCB a toujours joué un rôle central dans le développement de l’île, en contribuant à la diversification de son économie et à son ouverture vers l’international.

Dès le début des années 1980, la MCB a grandement contribué à la diversification d’une économie alors, essentiellement basée sur la monoculture de la canne à sucre en favorisant l’émergence de nouveaux secteurs économiques jusqu’alors considérés comme risqués.

La MCB a ainsi soutenu les nouveaux projets et aidé les secteurs naissants à devenir les piliers de notre économie : le tourisme, le textile, le secteur manufacturier, les activités de port franc, les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) ou encore le secteur des services financiers.

La MCB a accompagné les grandes entreprises dans leurs ambitions de croissance et leur expansion à l’international et a aidé les PME et les entrepreneurs à prospérer. Elle a aussi contribué à la digitalisation des produits et services bancaires et encouragé la transition vers une société « cashlite ». Nous accompagnons peu à peu nos clients vers l’utilisation de moyens de paiement digitaux avec des solutions de paiement mobile ou à faible contact.

Aujourd’hui pour contribuer au développement durable et responsable de Maurice et en cohérence avec notre raison d’être, « Success Beyond Numbers », nous menons des actions ambitieuses et engagées dans le développement d’une économie locale dynamique et durable, la protection et la valorisation de notre patrimoine culturel et environnemental, et la promotion du bien-être individuel et collectif.

Quels sont les éléments qui, au cœur de la crise sanitaire, vous permettent une performance opérationnelle résiliente ?
Fondée en 1838, la MCB est une organisation robuste et une marque forte qui se distingue par son historique de rentabilité constante, son bilan sain et ses ratios financiers solides. Au cours des décennies, elle a développé son implication dans le financement du secteur de l’énergie et des matières premières et développé des produits et services pour le segment Private Banking and Wealth Management.

Elle a élargi ses activités internationales de financement. Avec une note Baa2 attribuée par Moody’s Investors Service en catégorie « Investment-grade », elle est la meilleure banque commerciale d’Afrique selon l’agence. Sur le plan local, elle a une note de crédit « AAA » par CARE Ratings (Africa) Private Limited (CRAF), qui est la note la plus élevée pour toute institution à Maurice.

Si nous n’avons pas été épargnés par la crise économique liée à la pandémie, nous avons néanmoins enregistré une performance opérationnelle résiliente et avons maintenu des ratios financiers solides. Pour accompagner nos clients pendant la pandémie, nous avons développé des solutions adaptées (moratoires, fonds de roulement...) et collaboré avec notre régulateur, la Banque de Maurice, et d’autres institutions.
Dès les années 90, nous avons ouvert un bureau de représentation à Paris. Nous intervenons à La Réunion, à Mayotte et à Paris à travers notre filiale, la Banque Française Commerciale Océan Indien (BFCOI), en partenariat avec la Société Générale.

Nous proposons des solutions et des conseils dédiés aux entreprises françaises qui investissent et font des affaires à Maurice et dans la région. La MCB se veut être une porte d’entrée des activités commerciales et des investissements porteurs en Afrique alors que dans l’indice « Ease of Doing Business », Maurice est 13e dans le classement de la Banque Mondiale (2020) et 1ère en Afrique.

La MCB est aussi impliquée dans l’octroi de « prêts verts » grâce à une facilité de prêt de l’Agence Française de Développement avec son label de finance verte, SUNREF. Nous avons récemment signé un prêt de USD 65 millions avec Proparco (filiale de l’Agence Française de Développement) et son homologue allemand DEG, avec pour objectif de soutenir les entreprises mauriciennes touchées par la crise de la Covid-19.
Ce prêt, qui est la 3e opération conjointe de Proparco et de la DEG avec la MCB, nous permettra de faire face aux besoins générés par la crise sanitaire.

Quelle est votre feuille de route en tant que CEO ?
L’environnement opérationnel actuel demeure difficile et incertain. Nous fonctionnons aussi dans un environnement qui évolue rapidement, marqué par des technologies disruptives, des besoins clients en constante mutation, de même que des exigences accrues en matière de réglementation et de conformité.

Dans ce contexte, nous poursuivrons notre stratégie qui s’articule autour de trois piliers :
• l’internationalisation avec un focus sur l’Afrique ;
• la digitalisation de nos produits et services ;
• la promotion du développement durable.

Nous sommes plus déterminés que jamais à collaborer avec toutes les parties prenantes pour favoriser la résilience productive locale et aider le pays à faire face aux grands défis économiques actuels.

Pour la 5e fois en 6 ans, la MCB a décroché le titre de « Banque de l’Année », décerné par la publication The Banker, filiale du groupe Financial Times. Quelles sont les initiatives stratégiques qui vous permettent de vous démarquer ainsi ?
Cette distinction est l’aboutissement d’initiatives stratégiques pertinentes et le reflet des mesures prises pour diversifier nos marchés dans la région et maintenir notre position de leader sur le marché local. Le secteur bancaire représente environ 6 % du PIB en 2020.

Il a enregistré un taux de croissance soutenu au cours des dernières années, plus rapide que ceux d’autres secteurs de l’économie.

Il a bénéficié d’un cadre réglementaire solide et moderne alors que ses acteurs ont, quant à eux, amélioré la gamme et l’attractivité de leurs offres. Si le secteur n’a toutefois pas été épargné par la détérioration des conditions économiques liée à la propagation de la pandémie, il demeure un acteur majeur de la reprise économique de Maurice.

Le défi pour les opérateurs est, sans nul doute, de réorganiser en permanence leurs offres en fonction des attentes des clients, mais aussi d’adopter de nouvelles technologies tout en maintenant des normes régulatrices strictes. Les banques peuvent aussi jouer un rôle de premier plan pour promouvoir les capacités, les opportunités commerciales et l’image du pays tant sur le plan local, qu’à l’international.

Face à la crise sanitaire, qui est aussi une crise socio-économique, quelles sont les réponses apportées par Maurice pour confirmer la reprise ?
Un programme national de vaccination est en cours. En 2021, nous nous attendons à ce que Maurice puisse capitaliser sur les synergies et la collaboration de toutes les parties prenantes pour une reprise économique progressive.

Au-delà de la gestion prioritaire des impératifs immédiats liés à la pandémie, les acteurs du service public et du secteur privé œuvrent continuellement à l’amélioration du climat de l’investissement à Maurice. L’objectif étant d’encourager le recours aux capitaux et à l’expertise étrangers pour une reprise économique plus inclusive et plus verte.

Dans ce cadre, la France demeure un partenaire historique de premier ordre pour Maurice dans tous les secteurs d’activité. Je souhaite que nous puissions consolider ces relations privilégiées et pour y arriver, le secteur privé mauricien et, en particulier, les banques ont un rôle prédominant à jouer.