BEYOND NUMBERS

Le monde d’après

Le monde d’après

La crise sanitaire et économique que nous vivons devrait marquer l’entrée dans une nouvelle ère historique. S’il est trop tôt pour dessiner les contours de ce nouvel ordre mondial, on peut déjà parier sur deux tendances de fond.

Le retour d’un État régulateur et protecteur, et les transitions digitales et énergétiques comme préoccupations omniprésentes.

Sur ce second point, la crise sanitaire a fonctionné comme un accélérateur de tendances digitales et de prise de conscience écologique massive. Consommer autrement, produire autrement, se déplacer autrement, et en général, beaucoup moins. Comme si la pandémie était devenue l’occasion, si ce n’est le signal urgent, qu’il y a quelque chose à changer dans nos modes de vie et de production, et donc dans notre organisation économique et sociale ?

Dans notre rapport au monde, il y aura un avant et un après-COVID.

Pour notre entreprise, ce changement de paradigme est une opportunité unique.

Vis-à-vis de nos salariés d’abord, c’est l’occasion de redéfinir le contrat social de l’entreprise, de fonder notre motivation sur le sens et la qualité de notre travail, et de repenser une nouvelle organisation du travail.

Vis-à-vis de nos actionnaires, des pouvoirs publics et surtout de nos clients, c’est le moment ou jamais d’expliquer la raison d’être de notre entreprise; sa contribution au bien commun de la société.

La mondialisation n’est pas un accident de l’histoire. Elle ne disparaitra pas non plus. Mais elle se transforme de façon durable. Les échanges commerciaux sont marqués par une tendance à la régionalisation. Ils sont plus « verts » et digitalisés. Nous l’avons à la MCB parfaitement intégré et ce, à plusieurs niveaux.

Bien sûr, à travers notre initiative « Lokal is Beautiful », magnifique outil de promotion d’une économie mauricienne circulaire et solidaire. Ou comment concentrer les moyens de production qui contribueront à accroître la résilience de nos entreprises, essentiellement petites et moyennes, la robustesse de notre économie, sa capacité à rester active pendant les crises.

Mais aussi, avec de nouveaux partenariats comme celui signé avec la Turbine, incubateur de startups, mais surtout catalyseur de génération d’idées novatrices qui permettront le rebond de notre économie. Nos sociétés auront plus que jamais besoin, pour se réinventer, de jeunes talents pour réfléchir au monde d’après, et reconsidérer de nombreuses questions liées au sens de l’innovation ou à la mesure de l’impact. Ce partenariat montre que nous sommes résolument tournés vers l’avenir de notre nation.

Soyons en toutefois conscients, le « monde d’après » restera interdépendant et concurrentiel. Dès lors, si nos entreprises veulent déployer des efforts pour peser dans la mondialisation, il est impératif qu’elles les consacrent à l’innovation, la recherche et la compétitivité, plutôt qu’au retour illusoire de leur puissance industrielle d’hier.

C’est dans les périodes d’incertitude que nous mesurons la richesse de nos ressources. C'est ici que résonne tout l'enjeu de notre philosophie « Success Beyond Numbers », qui intègrera désormais de plus en plus de critères ESG (Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance), mais créera aussi plus d'impact.

Comment comptons-nous y arriver ? En créant les conditions d’une véritable solidarité nationale. La crise de la COVID et le confinement, nous ont en effet démontré qu’il est dans notre intérêt de vivre ensemble. De créer du lien. Par la solidarité, la convergence d’intérêts, l’adhérence à des valeurs communes. Or, une valeur n’existe qu’à proportion de notre volonté de la faire exister. Seulement si nous communions dans ces valeurs.

Nous allons tous, ensemble, vers l’avenir. « Pour savoir où l’on va, il faut savoir d’où l’on vient » dit un proverbe africain.

Mais la bonne question ce n’est pas : où allons-nous? C’est : où voulons nous aller?

Il n’y a de vision valable que là où il y a une volonté. Cela a toujours été vrai. À toutes les époques mais surtout aujourd’hui. Une époque où notre avenir est ouvert, indéterminé, inquiétant à bien des égards.

Il n’y a pas de vision sans mémoire, sans attachement aux valeurs que nous avons reçues et que nous avons à charge de transmettre.

Les raisons de rester optimistes existent car nous avons à la MCB une mémoire, des valeurs, une vision. Une volonté de changer la face de notre nation. Nous savons aussi d’où nous venons. Du passé nous ne faisons pas table rase. Conjuguons notre avenir au futur. Pour chacun d’entre nous, pour tous.

Ansam !

Author

Raoul Gufflet

Former Deputy Chief Executive, MCB Ltd

Raoul joined MCB Ltd in 2004 and left in December 2020. He has had a long experience in the debt market, helped set-up the MCB Equity Fund and was Head of International. In 2016, he was appointed Head of Corporate and Institutional Banking. He was a Board member of several entities within the Group: Société Générale Moçambique, MCB Madagascar, MCB Seychelles and MCB Maldives, amongst others.