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Made in Moris : Faire la part belle au label

Made in Moris : Faire la part belle au label

Cinq ans depuis que le label Made in Moris existe, cinq ans qu’il a pu compter sur le soutien de la MCB. Avec le Lokal is Beautiful Scheme, ce partenariat est renforcé.

Saviez-vous que le label Made in Moris ne s’applique pas automatiquement à tout produit fabriqué localement ?

Eh non, il faut le mériter ! Jusqu’ici, soit cinq ans après le lancement du label, 95 entreprises sont enregistrées auprès de Made in Moris. Elles produisent 300 marques entre elles et le label est applicable à 3 000 produits (une marque peut avoir plusieurs gammes).

Alors, comment faire pour obtenir ce sceau qui, au fil des années, est devenu synonyme de confiance, de qualité, de traçabilité et de fraîcheur ? Il faut tout simplement être aux normes, explique Shirin Gunny, la Chief Operations Officer (COO) de Made in Moris.

Pour comprendre le pourquoi de ces normes, il faut d’abord comprendre le concept de Made in Moris, qui est un projet de société, explique Shirin. Tous ceux qui bénéficient du label en partagent les valeurs, dit-elle. Ces valeurs résident, entre autres, dans la qualité du produit fabriqué, la provenance des matières premières utilisées, le procédé de fabrication, le choix du fournisseur, une structure et des comptes transparents, mais aussi les conditions de travail des employés et la façon dont ils sont traités.

Si toutes ces conditions sont réunies, l’entrepreneur peut être fier du produit fini, ajoute-t-elle. Et c’est cette fierté que représente la certification Made in Moris. Êtes-vous prêts à relever le challenge ? Il suffit de contacter Made in Moris et d’avoir une discussion franche sur les critères obligatoires avant de remplir quelques formulaires. S’ensuivra alors une visite de votre entreprise par le personnel de Made in Moris et SGS, partenaire stratégique du label basé à Genève, qui fournit des services d’inspection, de vérification, de test et de certification. Cette visite de conformité de trois à cinq heures consiste en différentes catégories de questions pour attester de la qualité.

Après cinq ans à effectuer des visites d’entreprises, Shirin peut aujourd’hui, au bout d’une quinzaine de minutes, avoir une indication de la capacité d’une entreprise à obtenir sa certification. « Les valeurs sont palpables, car c’est un état d’esprit, une attitude. En général, si quelqu’un adhère à ces valeurs, il passera le test », explique la COO de Made in Moris.

La visite coûte Rs 6 600, pas grand chose à vrai dire pour ce que c’est vraiment. Car s’il est établi que l’entreprise n’aura pas la certification, un rapport très détaillé lui sera tout de même remis, ce qui lui permettra de cerner ses forces et faiblesses à travers le pointage dans chaque catégorie. Ce rapport peut servir de ligne directrice si l’entrepreneur décide de se mettre aux normes. Si l’entreprise passe le test de qualité, elle devra s’acquitter d’une cotisation annuelle dont le montant dépendra de son chiffre d’affaires. Celui-ci est de Rs 6 600 pour moins de Rs 10 millions par an. L’État subventionne cette cotisation à hauteur de Rs 5 000.

Bien évidemment, ces cotisations couvrent à peine lesopérations de Made in Moris, qui arrive à garder la tête hors de l’eau grâce aux contributions annuelles de 20 grosses entreprises, basées sur leur chiffre d’affaires et au partenariat avec la MCB depuis la création du label il y a cinq ans. « Franchement, sans la MCB, je ne sais pas si nous aurions tenu trois ans », avoue Shirin.

Malgré toutes ces tracasseries, elle ne peut s’empêcher de voir le côté positif des choses :

« Les difficultés financières sont le revers, mais aussi la beauté de la médaille — cela fait de Made in Moris un projet inclusif. Grâce à 20 grosses entreprises, les petites peuvent bénéficier des mêmes avantages. »

Les avantages d’être labellisé

Être labélisé, c’est d’abord avoir une certification qui garantit la qualité de votre produit et de sa fabrication. C’est aussi exister aux yeux du public grâce au réseau de Made in Moris, à des conseils en relations presse et à une présence sur les réseaux sociaux. C’est surtout appartenir à un écosystème où le plus petit va côtoyer le plus grand lors des événements de networking et autres. Là-bas règne l’entraide, car « l’ADN Made in Moris veut dire qu’un entrepreneur est dans un mindset de générosité où il est prêt à prendre et à donner », se félicite la COO.

Pour la petite histoire

L’idée de créer un label Made in Moris émerge après l’annulation des tarifs douaniers sur les importations en 2012. La conséquence de cette décision est que les produits locaux n’ont dorénavant plus aucune protection et peuvent donc difficilement concurrencer ceux importés. Chose qui alarme l’Association of Mauritian Manufacturers (AMA), qui décide de se mobiliser pour sauver le savoir-faire mauricien et les quelque 210 000 emplois directs et indirects générés par l’industrie locale. Sept ans après, le label Made in Moris est reconnu comme un sceau de qualité et ses valeurs sont celles auxquelles aspire le pays. Le succès est tel que la certification sera aussi appliquée aux services dans un proche avenir. Le statut de l’industrie locale connaît aussi une élévation, notamment depuis la campagne Lokal is Beautiful de la MCB, qui prône une économie circulaire où l’argent est redistribué et fructifié localement.

Ce positionnement de la MCB est important, parce qu’au niveau des entreprises, le fait de savoir qu’il y a une banque qui non seulement nous accompagne dans cette démarche, mais s’engage aussi à revaloriser son territoire, est un signal positif qui les rassure, affirme Shirin Gunny.