Thierry Hebraud : « Les financements sont analysés selon des critères classiques »

Thierry Hebraud : « Les financements sont analysés selon des critères classiques »

Le Head of Corporate and Institutional Banking de la MCB a accordé un entretien au quotidien l’express.

Nombreuses sont les entreprises qui sous l’effet économique du Covid-19 se livrent actuellement à la restructuration de leur dette auprès des institutions bancaires. Est-ce le cas pour la MCB ?
Il est évident que la crise du Covid-19 a engendré des besoins financiers importants dans de nombreux secteurs de l’économie, soit directement touchés par une cessation complète d’activité (par exemple l’hôtellerie/le tourisme), soit indirectement par les ruptures de chaînes d’approvisionnement. Pour faire face à ces besoins importants, de nombreuses entreprises doivent en effet avoir recours à des financements nouveaux. La MCB, en tant que première banque de l’économie mauricienne, est bien sûr impliquée directement dans cet exercice avec ses clients.

Concrètement, comment cela se passe ?
Selon la situation financière pré-Covid-19 des entreprises, la couverture de ces besoins financiers est à rechercher au travers de plusieurs sources de fonds, pouvant être complémentaires entre des injections de capital de la part des actionnaires, le recours à des financements aidés par le gouvernement via des prêts garantis par la State Investment Corporation, assistance de paiement des salaires, ou directement des financements long termes apportés par la MIC, et des financements bancaires additionnels accompagnant le montage complet. Il faut aussi prendre en ligne de compte les moratoires accordés aux entreprises.

Est-il vrai que certaines demandes dépassent largement les bonnes pratiques bancaires ?
Les financements et soutiens financiers sont tous analysés selon des critères classiques pour de tels montages financiers.

Quel pourrait être l’impact des restructurations de ces dettes sur les finances de la banque ?
Les banques assument leurs responsabilités de financement en respectant les critères d’analyse des capacités d’endettement et de remboursement de leurs clients. Cela dit, on ne peut pas exclure dans l’environnement de cette crise mondiale jamais connue, des défauts d’entreprises et les conséquences potentielles sur le secteur bancaire comme on a pu l’observer lors des crises majeures précédentes, par exemple en 2008. Dans la plupart des cas, les entreprises retrouveront leur profitabilité après une période de baisse d’activités et pourront ainsi honorer leurs engagements financiers, avec un minimum d’impact sur les banques.