Entreprendre contre vents et marées, la devise d’Anju Hawoldar

Entreprendre contre vents et marées, la devise d’Anju Hawoldar

Anju Hawoldar sait prendre les décisions difficiles quand celles-ci s’imposent. La directrice d’Oceandash, importatrice de fruits de mer frais, est entrepreneuse dans l’âme, contre vents et marées (et pandémie).

Anju se jette dans les eaux de l’entrepreneuriat en inaugurant trois restaurants entre 2003 et 2013 : Salaam Bombay (spécialités indiennes), Kee pou kwee (fusion indochinoise) et Figaro (cuisine italienne). Mais l’émergence de centres commerciaux aura raison de sa cuisine traditionnelle et la pousse, à contrecœur, vers d’autres rives. Elle tente la traversée avec l’ouverture d’Alibaba’s Cave, une boutique d’objets antiques et de décoration intérieure. Un projet dont les voiles ne se déploient pas comme prévu. « On accepte l’échec et on avance. C’est le jeu, il ne faut pas se décourager. », statue Anju.

En 2016, elle fonde Oceandash Fresh Seafood Ltd. Huîtres, moules, saumon… l’entreprise taquine le poisson des meilleurs pays d’Europe pour les hôtels et restaurants de l’île. « Pendant un voyage sur ce continent, j’ai appris à déguster et apprécier les produits de la mer. Je perçois alors une opportunité sur le marché niche des produits frais de qualité et du saumon écossais – beaucoup plus raffiné ! »

Importer du frais n’est pas un long fleuve tranquille. Intempéries, Brexit, fermeture de frontières, une roupie qui dévalue, un fret qui augmente… À la merci de facteurs externes, il faut être réactif ! Au point de ne pas hésiter à changer de bord, encore.

Quand déferle la première vague pandémique sur nos côtes, le nouveau cap est la survie. Pour économiser un loyer, Anju mouille l’ancre dans son garage. Aidée de son chef, elle se retrousse les manches, se forge un réseau de pêcheurs locaux, jette son ego à la mer et passe du bureau aux fourneaux. Au menu : curry de poisson et sushis, mais aussi poulet et carrot cakes. Et pourquoi pas ? « Il fallait avancer sans trop se poser de questions. Le but était d’assurer la pérennité de la compagnie et de payer les salaires, qu’importe l'activité. Nous y sommes parvenus ! »