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Digitalisation et environnement : un gros effort à fournir

Digitalisation et environnement : un gros effort à fournir

Le secteur de la technologie numérique contribue 4 % des émissions globales de gaz à effet de serre, soit le double de celles émises par l’industrie mondiale de l’aviation.

La conservation et le transfert des données sont des activités énergivores, car les centres de stockage de données numériques (Data Storage Centres) produisent énormément de chaleur et ont besoin d’être refroidis pour permettre aux appareils de fonctionner.

Il faut aussi distinguer le « cloud » du « data centre ». Ce dernier est en général « on site » et appartient à l’entreprise qui l’utilise. Le cloud est localisé ailleurs et loue son espace aux entreprises qui souhaitent délocaliser la conservation de leurs données.

Selon Stéphane Lebon, Sustainability Manager de la MCB, il est urgent de passer aux énergies renouvelables afin d’augmenter l’efficacité énergétique et de réduire les émissions carbone des serveurs. « Il existe aujourd’hui des cloud service providers comme Microsoft, Amazon, etc. qui s’approvisionnent déjà en énergies renouvelables, alors que beaucoup d’autres sont en train de s’engager sur l’utilisation à 100 % d’énergies renouvelables », explique-t-il.

Il ajoute que l’utilisation en masse du cloud sera à terme bénéfique au niveau de la consommation d’énergie. « Une entreprise qui a ses propres serveurs et son propre data centre va consommer beaucoup d’énergie, mais en stockant ses données sur le cloud, qui est géré par de grosses entreprises qui ont plus de ressources, plus de serveurs et surtout un système d’intelligence artificielle, cela va notamment aider à optimiser la consommation d’énergie et d’eau. Il y aura une économie d’échelle qui amènera une réduction considérable de la consommation d’énergie », dit-il.

L’obsolescence programmée des appareils ajoute aux déchets créés par le secteur de la technologie numérique et à la pollution de la planète. Ce qu’il faut, explique Stéphane, c’est traiter la question de l’économie circulaire. « D’ailleurs en Europe, certaines lois commencent à encourager les designs à plus long terme et une réparabilité augmentée des appareils, de même que l’accessibilité et l’uniformité des pièces de rechange. »

En termes de bilan carbone, ajoute notre interlocuteur, il est très important pour les entreprises de ne pas occulter les émissions issues de la sous-traitance des services de data centres en faisant croire qu’elles ont réduit leurs émissions alors qu’en réalité, elles les ont transférées à des fournisseurs.