L’incroyable aventure humaine derrière la compensation carbone

L’incroyable aventure humaine derrière la compensation carbone

La compensation carbone a souvent, à tort, mauvaise réputation. Mais derrière les meilleurs fonds d’investissement – en tout cas, c’est le cas pour le fonds Livelihoods dans lequel la MCB vient d’investir EUR 5 millions sur 24 ans, il y a une incroyable aventure humaine.

Le récit de quelques-unes de ces aventures, qui se passent aux quatre coins du monde, en Afrique, en Asie, en Amérique Latine, est répertoriée par le responsable de Livelihoods, Bernard Giraud, dans son livre « Ces mains qui réparent la terre ».

Pour lui, la lutte contre le changement climatique et pour la protection de l’environnement « est indissociable de celle pour la dignité des hommes et des femmes qui entretiennent la terre et qui en vivent ».

La MCB est un des 14 partenaires du troisième fonds Livelihoods, faisant de la banque la seule entreprise de l’hémisphère sud à s’associer à un tel projet. Les autres investisseurs sont : Groupe Bel, Chanel, Danone, Eurofins, Global Environmental Facility, Hermès, L’OCCITANE Group, Mars, McCain Foods, Orange, SAP, Schneider Electric et Voyageurs du Monde.

L’idée est de compenser les émissions de CO2 émises par la banque et qui n’ont pu être réduites. Cela se fait à travers les projets financés par Livelihoods et qui contribuent au stockage d’importantes quantités de gaz à effet de serre dans les arbres et les sols.

Aussi aride que puisse sembler cette démarche, elle est tout sauf ingrate. Car le « stockage » de carbone n’est que la conséquence d’un travail assidu sur le terrain dans des communautés rurales les plus pauvres pour « leur permettre d’améliorer durablement leur résilience et leur condition de vie ».

Pour le responsable de Livelihoods, « la protection des ressources naturelles encore intactes ne peut réussir que si l’on associe les populations locales et si elles y trouvent leur intérêt ».

À Casamance au Sénégal, les villageois s’associent aux ONG locales qui travaillent de pair avec Livelihoods qui lui, représente ses investisseurs – des grandes entreprises qui ont investi dans le fonds carbone.

En quatre ans, 80 millions de mangroves sont replantées sur 10 000 hectares (la surface de Paris). Les « planteurs » ? Des volontaires de 400 villages qui vivent du delta et qui, genoux enfoncés dans la boue, ont minutieusement planté un par un des millions de propagules.

Dix ans plus tard, 5 000 tonnes supplémentaires de poissons ont été générées par les mangroves restaurées. En outre, raconte Bernard dans son livre, les mangroves, jouant leur rôle de « pompe à sel » ont protégé les rizières de l’eau salée, permettant la restauration et l’aménagement de plusieurs milliers d’hectares de rizières dans le delta.

Le carbone stocké, selon Livelihoods, peut être mesuré très précisément par parcelles cartographiées au GPS et en fonction de la croissance des arbres et leur densité. C’est d’ailleurs quand ces projets grandeur nature réussissent que le stockage de carbone se fait, est mesuré et certifié et puis « vendu » aux entreprises comme la MCB qui souhaitent compenser les émissions de gaz à effet de serre qu’elles n’ont pas pu réduire.

Mais, dit Bernard Giraud, le véritable gain demeure la vie et la subsistance améliorées de la population locale. À Casamance par exemple, les villageois ont non seulement compris qu’il ne fallait plus couper les racines des mangroves pour faire du bois de chauffe mais qu’il fallait aussi se soucier de la circulation d’eau quand on construit des routes.