Edouard de Montalivet : « Notre ambition est d’accompagner le continent dans son développement »

Edouard de Montalivet : « Notre ambition est d’accompagner le continent dans son développement »

Edouard de Montalivet, Chief Representative Officer de la MCB à Paris s’est confié à Financial Afrik en marge du Africa CEO Forum tenu le 14 juin 2022 à Abidjan. Voici cet entretien.

Que doit-on savoir de Mauritius Commercial Bank (MCB), plus de 180 ans après sa création ?

La Mauritius Commercial Bank est basée à Maurice où elle a une licence bancaire, mais également aux Seychelles, aux Maldives et à Madagascar. Ensuite elle a 4 représentations : en Afrique du Sud, au Kenya, à Dubaï et à Paris.

La MCB est la première banque de l’île Maurice avec plus de 40% de parts de marché en local et 60% de son bilan exposé sur le continent africain. Le gros avantage de la MCB, c’est qu’elle est Investment Grade, donc doté d’une grosse solidité financière comparée aux autres banques de la place qui elles, souffrent en fait du risque pays. Elle est la seule banque en Afrique subsaharienne à être Investment Grade.

À la MCB, il y a plusieurs métiers de la banque. Vous avez la banque commerciale, la banque d’investissement, la banque privée pour la clientèle internationale, MCB Capital Markets pour la partie Equity et Corporate Finance. On a aussi MCB Consulting pour tout ce qui est formation dans le secteur bancaire et l’implémentation des outils informatiques.

Quelles sont les ambitions de la MCB en Afrique subsaharienne ?

On fait tout à partir de Maurice, c’est-à-dire que les bureaux de représentation sont là pour aller présenter la banque, faire du marketing et de la communication pour proposer les produits et services de la banque. Aujourd’hui, il n’y a pas une volonté de s’installer avec une licence bancaire en Afrique de l’ouest ou en Afrique centrale. La seule option qui est en train d’être mise sur la table c’est un nouveau bureau de représentation au Nigeria parce qu’on a une grosse exposition sur le pays.

Notre ambition est d’accompagner le continent dans son développement, donc nous sommes sur des projets énergie, d’infrastructures, et à la fois, nous sommes très corporate et donc sur des projets privés.

Sur la partie corporate, on fait des financements en euro et en dollar sur tout le continent africain, sur des maturités qui peuvent être assez longues - entre 5, 7, 10 et même parfois 12 ans - quand on va sur des projets renouvelables. La MCB a un gros axe renouvelable. Forcément comme on vient de l’Île Maurice, le développement durable fait partie de notre culture parce qu’on est directement impacté par les effets des changements climatiques.

Notre volonté, c’est vraiment d’être un acteur majeur sur le continent africain et de participer à son développement.

Quelles ont été les conséquences de la crise de Covid- 19 sur vos activités ?

Nous avons été fortement impactés en local surtout sur l’industrie hôtelière. Mais comme le portefeuille du groupe est très diversifié dans d’autres secteurs et sur le continent, les chiffres ont été plutôt bons pendant la pandémie.

Pendant la pandémie, un énorme travail a été mis en place par la MBC pour soutenir l’économie locale à Maurice, puisque nous sommes un acteur majeur sur l’île. Aujourd’hui, l’île est en train de retrouver le même niveau qu’avant la pandémie en termes de tourisme. Donc plus trop de problème de ce côté-là.

En résumé, nous n’avons pas trop souffert des conséquences de la pandémie pendant les 2 ans, mais nous avons plutôt stabilisé et nous sommes déjà repartis sur des phases de croissance. Ce qui nous conforte à poursuivre cette diversification en Afrique et justement trouver les bons projets pour pouvoir participer à son développement.