Ludovic Henry fait un carton plein avec WeCycle

Ludovic Henry fait un carton plein avec WeCycle

Après des études en sciences environnementales, Ludovic Henry rentre à Maurice en 2008, des idées plein la tête. Si elles sont bien sur papier, en pratique, peu de postes existent dans le domaine. Il trace quand même sa route jusqu’à celui de fondateur et CEO de WeCycle. En six ans, l’entreprise de collecte de recyclables augmentera ses revenus de 2 350 %. Vous avez bien lu !

L’histoire démarre à Médine où un job est créé pour accueillir Ludovic. Il est chargé des projets de développement durable, de gestion des déchets et d’agriculture raisonnée. L’entrepreneur dans l’âme acquiert ainsi une bonne compréhension des enjeux locaux. « Il y avait des opportunités. J’étais en début de carrière, je pouvais risquer de me lancer à mon compte. Au pire, je me recyclerais ! »

En 2012, il fonde WeCycle (ex Paper Links) et démarre ses activités en B2B avec deux machines et huit salariés. Papiers, cartons, plastiques et pneus usés sont triés, déchiquetés, compactés et exportés pour recyclage. Six ans plus tard, WeCycle a partiellement automatisé ses opérations, compte 35 employés, une nomination au Tecoma Awards et un chiffre d’affaires qui a bondi de Rs 2 millions à Rs 49 millions. Un vrai carton !

À partir de 2018, la Chine, premier importateur mondial de recyclables, ferme progressivement ses portes aux pays étrangers, forçant WeCycle à exporter à perte. Loin de mettre ses ambitions à la poubelle, l’entrepreneur concentre ses efforts sur les produits à forte valeur ajoutée, puis lance un service de destruction d’archives auprès des entreprises. En 2020, la COVID-19 ralentit la concurrence internationale : les prix de WeCycle prennent l’ascenseur.

WeCycle entre ainsi dans les petits papiers d’un investisseur qui va lui permettre de se développer, durablement. Une application pilote pour la collecte de déchets chez les particuliers vient d’être lancée et l’achat de nouveaux équipements vient soutenir sa vision d’une économie circulaire. « Nous traitons plus de 5 500 tonnes de déchets annuellement, une masse suffisante pour nous lancer dans la transformation localement. Nous pouvons recycler et remettre nos produits sur le marché mauricien. » La boucle est (bientôt) bouclée.