Fraude : comment éviter d’être victime ou complice

Fraude : comment éviter d’être victime ou complice

Combien d’entre nous, rendus vulnérables par une situation financière difficile, pouvons dire en toute honnêteté n’avoir jamais été tentés par des annonces d’argent facile sur les réseaux sociaux ? La réalité est que malheureusement, souvent en désespoir de cause, certains d’entre nous se font avoir par des gens sans scrupules qui passent leur temps à guetter et à recueillir des informations sur nous, grâce à nos posts sur les réseaux sociaux, en particulier sur Facebook.

Nous devenons ainsi, à notre insu, leurs cibles et leurrés par la promesse de l’argent facile, nous nous rendons complices de fraude tout en étant nous-mêmes des victimes de la fraude.

Bah non, dites-vous, pas moi ! Je ne suis pas aussi naïf, je ne me ferai jamais avoir. Peut-être. Mais toujours est-il qu’en moyenne dix personnes par semaine se font avoir à Maurice.

Voilà pourquoi il est important de connaître le modus operandi de ces charlatans, qui sont bien réels et qui sont impitoyables dans leur mission de vous voler, en utilisant votre compte en banque et vos données bancaires.

Comment procèdent-ils ?

Ils se présenteront à vous de manière générale, d’une des trois façons suivantes (mais attention, leurs méthodes évoluent sans cesse !) :

WhatsApp/Viber

Ils se présentent comme un préposé d’une banque commerciale ou encore de la Banque de Maurice. Leur objectif est de récupérer vos données bancaires, le numéro de votre carte, votre code PIN, votre mot de passe, votre numéro de carte d’identité, votre mot de passe unique (OTP). Chaque astuce a pour seul but de vous inciter à révéler ces informations confidentielles qu’ils utiliseront sur des plateformes en ligne pour effectuer des transferts d’argent à votre insu.

Les ruses :

  • Vous avez gagné à la loterie alors que vous n’y avez même pas participé
  • Il faut cliquer sur un lien afin de prévenir un éventuel piratage de votre compte
  • Votre carte bancaire a été bloquée et il faut cliquer sur un lien pour la réactiver

Escroqueries romantiques

Ils vous envoient un friend request et au fur et à mesure que la « relation » progresse, vous promettent des cadeaux et de l’argent en espèces envoyés par colis postaux, moyennant un dépôt en cash, représentant des frais fictifs de dédouanement ou administratifs.

Prêts frauduleux

Les prêts sans garantie faisant l’objet de publicité sur les réseaux sociaux ne sont jamais réels et pourtant nombreuses sont les personnes qui se font avoir. Tout l’intérêt des arnaqueurs est de convaincre les victimes d’ouvrir un nouveau compte bancaire et de faire une demande de carte de débit. C’est sur ce compte bancaire que l’argent soutiré des autres victimes sera éventuellement versé, compte qui sera ensuite vidé par les arnaqueurs grâce aux codes PIN et aux cartes qu’ils auront au préalable convaincu les victimes de leur faire parvenir.

Qui sont ces escrocs ?

Les transactions en ce qu’il s’agit des prêts frauduleux transitent principalement par le Benin alors que celles relatives aux escroqueries romantiques passent généralement par Dubaï. Selon Clifford Allet, Fraud Prevention Manager à la MCB, ces tentatives de fraudes relèvent du crime organisé. « Ce sont des criminels liés aux organisations qui rappellent la mafia sans la violence physique qui va avec, il va sans dire. »

Notre expert en fraude explique que ce type d’escroquerie s’appelle le phishing, et s’apparente à du social engineering « pour soutirer des informations confidentielles des victimes afin d’accéder à leurs comptes bancaires ». Les victimes de ces crimes, en tombant dans le panneau et en acceptant de mettre leurs comptes en banques à la disposition des escrocs, deviennent ainsi leurs complices, même à leur insu. « On les appelle des money mules qui est le terme pour décrire un compte ou une personne qui, sciemment ou à son insu, aide dans le transfert des fonds illicites », explique Clifford.

Les méthodes et leur évolution

De nos jours, c’est à travers les réseaux sociaux que les escrocs sévissent. Cette méthode a évolué de la méthode plus traditionnelle de lettres envoyées aux victimes mais le procédé reste plus ou moins le même. Mais, souligne Clifford, avec les réseaux sociaux, le phénomène a pris de l’ampleur à cause « de la naïveté des gens, attirés par l’appât du gain facile ».

Les victimes sont-elles ciblées ou sont-elles choisies au hasard ? Clifford affirme que « nous n’avons aucune raison de croire que c’est autre chose que du hasard » mais que fournir trop d’informations personnelles sur les réseaux sociaux peut s’avérer contre-productif.

Que faire si vous pensez avoir été victimes de phishing ?

Rapportez le cas tout de suite à la MCB au 2026060, ou en ligne au Mauritian Cybercrime Online Reporting System (MAUCORS).