Thierry Hebraud : « Notre rôle est d’accompagner la relance »

Thierry Hebraud : « Notre rôle est d’accompagner la relance »

Thierry Hebraud, Head of Corporate and Institutional Banking de la MCB nous parle de la relance économique. Malgré les incertitudes du moment, il identifie aussi les opportunités pour un développement plus local et durable.

Il y a un mois vous vous attendiez à un rebond de l’économie mauricienne cette année. Votre estimation tient-elle toujours ?
Plusieurs nouveaux éléments sont, depuis, venus s’ajouter à cette analyse avec pour résultat une certaine incertitude quant à la reprise de notre économie. Parmi les nouveaux facteurs à prendre en considération nous pouvons citer l’annonce de l’arrêt programmé du MIC (Mauritius Investment Corporation) dans sa forme actuelle dès la fin du mois de juin pour toutes nouvelles demandes. Nous attendons donc le Budget du gouvernement pour pouvoir avoir une meilleure visibilité sur les temps à venir et accompagner au mieux cette relance.

La crise a-t-elle ouvert des opportunités ? Lesquelles ?
Toute crise ouvre des opportunités à ceux qui les reconnaissent. Concernant l’économie mauricienne, nous pensons à l’étude Lokal Rebound de la MCB qui sera présentée début juin et qui devrait, en effet, nourrir la réflexion sur le « produire local » dans beaucoup de secteurs, et sur un développement durable et inclusif.

J’observe également sur un tout autre plan, un mouvement plus affirmé de retour de jeunes Mauriciens après leur formation supérieure et une première expérience internationale. Sachons les détecter et les accueillir dans nos équipes.

Comment comptez-vous concrètement accompagner les acteurs économiques sur la scène locale pour stimuler la relance ?
Je ne pense pas que notre rôle de banquier soit de stimuler la relance, mais plutôt de l’accompagner. D’abord, encore et toujours, il s’agit de maintenir à flot les secteurs les plus impactés par un soutien financier adapté. Il s’agit d’une partie à trois avec les actionnaires, l’État et les banques. Ensuite, nous devons continuer à jouer notre rôle au niveau du financement de projets et de développements dont l’économie a besoin. Enfin, nous devons renforcer nos engagements « Success Beyond Numbers » afin d’aider à la reconversion du pays.